SANTE

CLIMAT ET CONDITIONS METEOLOGIQUES : Dans les Caraïbes, le soleil est beaucoup plus fort que sous nos latitudes. Méfiez-vous donc les premiers jours de votre arrivée et exposez-vous progressivement. N’hésitez pas à utiliser des crèmes de protection solaire, des chapeaux et des lunettes de soleil.

Le climat tropical peut ne pas convenir à toutes les personnes, la moiteur tropicale entraîne quelquefois des troubles de la circulation. La chaleur et l’humidité de l’air peut rapidement s’intensifier et les voyageurs ont souvent besoin de temps pour s’habituer au climat tropical qui règne dans certaines régions. N’hésitez pas à consulter un médecin spécialiste dans ces domaines en pays tropicaux... à condition de s’en prémunir !

Rayonnements UV: entre allergies et brûlures

Les effets néfastes du soleil sont liés aux radiations, particulièrement les UVB. Ils sont responsables des coups de soleil, de l’érythème solaire, de l’accélération du vieillissement cutané, de réactions allergiques, de lésions précancéreuses ou de mélanomes. Les enfants, les personnes aux phototypes clairs (blonds, roux, châtains), celles qui prennent des médicaments photo-sensibilisants et les immunodéprimées sont les plus sujettes aux complications.

Pour se protéger du soleil il faut :

- Prenez des compléments alimentaires quelques jours avant l’exposition

- Utilisez des écrans solaires adaptés

- Evitez de s’exposer entre 10h et 16h

- Portez des vêtements couvrants, pourquoi pas photo-protecteurs

- Portez des lunettes de soleil à verres filtrants et un chapeau à larges bords

En cas de brûlure :

- Désinfectez pour éviter une surinfection

- Calmez la sensation de chaleur et la douleur de tiraillement avec un gel hydratant et apaisant. Les gels osmotiques sont particulièrement adaptés : ils apaisent, réduisent les rougeurs cutanées, réhydratent et évitent la surinfection.  

- En cas d’allergie (petits boutons qui démangent sur le décolleté, les mains et/ou les avant-bras) :

- Ne pas vous exposer au soleil pendant au moins huit jours

- Eventuellement, consulter un médecin qui pourra prescrire une crème corticoïde ou un antihistaminique.

- Dans tous les cas, en amont de l’exposition, votre pharmacien vous conseillera sur les compléments alimentaires ou les crèmes protectrices les plus adaptées à votre type de peau et sur les traitements à prendre en cas de complication.

Le coup de chaleur

Les coups de chaud résultent d’une élévation de la température corporelle généralement après une exposition au soleil ou en cas de fortes chaleurs. L’hyperthermie s’accompagne d’abord de sudation puis, à l’inverse, d’une sensation de peau sèche. Outre la fièvre, la déshydratation et l’épuisement, les coups de chaleur peuvent provoquer des étourdissements, des évanouissements et  des troubles neurologiques. Ils peuvent aussi être fatals.  Les enfants et les personnes âgées y sont particulièrement sensibles.

En prévention :

- Evitez de vous exposer au soleil

- Hydratez-vous (boire tout au long de la journée)

- Restez dans des lieux ventilés voire climatisés

- Limitez les activités physiques

- Astuce : préparer votre corps à la chaleur en vous exposant de façon progressive et en évitant les efforts physiques les premiers jours.

Si le mal est fait :

- Installez-vous dans un endroit frais et aéré

- Si le coup de chaleur se produit en voiture, perdez-pas de temps à ouvrir les fenêtres mais arrêtez-vous tout de suite pour trouver un endroit frais

- Desserrez les vêtements

- Buvez de l’eau fraîche mais non glacée

- Humectez le visage avec un linge humide

- L’équilibre rétabli, rafraîchissez votre corps en prenant une douche.

- Sans baisse de température dans  les trente minutes, appeler les secours en composant le 15 (depuis un poste fixe) ou le 112.

http://phrantilles.com/sites/files/Volet1ProtectionSoleil.jpg

VACCINATIONS : Il est recommandé de se faire vacciner contre le tétanos, la malaria, le typhus, la poliomyélite, l’hépatite A et la fièvre jaune. Il est conseillé de porter sur soi un carnet de vaccination international ainsi qu’une carte d’identité médicale.

Pour toute vaccination, s’adresser entre autres à :

L' hopital Pitié Salpétrière

47 Boulevard Hôpital

75 013 Paris

Tél : 01. 42. 16. 00. 00 ou

01. 42. 17. 60. 60

Site internet : www. Aphp.fr

Centre de vaccination d’Air France :

1, square Max-Hymans

75015 Paris

Tél : 01-43-13-20-50

Les piqûres d’oursins

Lors de promenades dans les rochers ou de baignade dans des fonds incertains, le port de chaussures en plastique vous protégera des épines d'oursin. Lorsque l'on marche sur cet animal marin, ses piquants entrent dans la peau et se brisent. La douleur est brève et forte. La zone atteinte est rouge et peut gonfler. Il faut éviter la surinfection.

En cas de piqûre :

- Otez rapidement les piquants à l’aide d’une pince à épiler ou d’un tire-comédon. Pour faciliter leur extraction, on peut ramollir la peau dans un bain d’eau chaude additionné d’un désinfectant, puis faire pression avec les doigts.

- Désinfectez la plaie fréquemment et éventuellement la protéger à l’aide d’un pansement

- Astuce : lavez la plaie au vinaigre qui va dissoudre le calcaire des piquants (idem avec un jus de citron)

- Les piquants sont très fragiles et se cassent souvent sous la pression de la pince. En cas de résidu, rassurez-vous : la réaction inflammatoire locale favorise l’extraction des derniers fragments généralement en moins de trois jours. Par ailleurs, étant constitués en majorité de carbonate de sodium, ils peuvent être naturellement métabolisés. Il faut juste veiller à ce qu’il n’y ait pas de surinfection. Au moindre doute, et notamment en cas de douleurs articulaires non loin de la zone touchée, consultez un médecin qui prescrira un traitement antibiotique si nécessaire.

Les piqûres de méduses

Par leur transparence, les méduses sont difficiles à déceler. Leurs piqûres par contre ne passent pas inaperçues : elles provoquent en premier lieu une douleur intense, proche d’une décharge électrique qui laisse ensuite la place à une sensation de brûlure s'étendant progressivement. Des lésions cutanées peuvent apparaître en moins d’une demi-heure et perdurer plusieurs semaines.

En cas de piqûre :

- Ne frottez-pas la zone piquée pour ne pas faire éclater les cellules urticantes.

- Rincez à l'eau de mer. N'utilisez pas d'eau douce car celle-ci réactiverait la substance urticante.

Appliquez un antiseptique.

- Retirez les filaments restés collés à la peau par exemple à l’aide d'une pince à épiler.

- Astuce :  si vous n’êtes pas outillé(e) : versez du sable sur la plaie, laissez sécher, puis grattez délicatement, par exemple avec un carton rigide (type carte de visite). Le sable éliminera les cellules urticantes restées collées à la peau.

- Si la douleur persiste, demandez conseil à votre pharmacien ou consultez un médecin. En cas de fièvre ou de vomissements, consultez immédiatement les urgences : Chez les personnes allergiques, une piqûre de méduse peut entraîner de l'urticaire, une baisse de tension voire un choc anaphylactique.

LES MOUSTIQUES : Les moustiques, dont l’activité commence avec l’obscurité, peuvent devenir très désagréables. Pour vous protéger portez des vêtements adéquats surtout le soir. N’hésitez pas non plus à vous munir de la crème Antimoustique.

Les piqûres de moustiques

La plupart du temps bénignes, les piqûres de moustiques peuvent cependant s'infecter et en la matière, il vaut mieux prévenir que guérir.

Comment les éviter ?

- Utilisez en premier lieu des répulsifs. Leur durée de protection varie de 4 à 8 heures. En cas d’utilisation de protection solaire, l’application de répulsif doit avoir lieu après un délai d’au moins 20 minutes et toujours après la crème. Pour les enfants, les femmes enceintes ou allaitantes, leur utilisation doit respecter un mode d’emploi précis. Demandez conseil à votre pharmacien.

- Le soir, entourez lits, berceaux et poussettes de moustiquaires, de préférence imprégnées d’anti-moustiques.

- La climatisation est un plus mais d’une faible efficacité comparée aux répulsifs.

En cas de piqûre :

- Afin de diminuer la douleur et l'inflammation appliquez immédiatement des glaçons ou des compresses d'eau froide.

- Des crèmes spécifiques permettent de calmer les démangeaisons. Demandez conseil à votre pharmacien.

 

LES PIQURES D'INSECTES (Moustiques, Mouches...)

Les risques liés aux insectes, autres arthropodes et autres animaux sont à évaluer en fonction de la destination et des conditions de séjour. De façon générale, pour les voyages vers des destinations tropicales, il est recommandé :

Dans les habitations, des insecticides en bombe ou en diffuseur pourront être utilisés et à l’extérieur ou dans une pièce aérée, des serpentins fumigènes.

1 - Risques liés aux moustiques

Les moustiques sont vecteurs de nombreuses maladies parasitaires et virales et sont également responsables de fortes nuisances. Il est donc recommandé de se protéger contre leurs piqûres, avec un type de protection adapté au risque (cf. tableau 1).

Protection
C’est donc pendant cette période que la protection doit être maximale, avec le port de vêtements imprégnés et couvrant le soir et l’utilisation d’une moustiquaire imprégnée d’insecticide pour dormir. Dans les régions où le paludisme est endémique, il est fortement recommandé d’éviter de sortir la nuit, même un court moment, sans protection anti-moustiques de type répulsif cutané, et a fortiori de dormir la nuit à la belle étoile sans moustiquaire imprégnée.

La moustiquaire imprégnée assure la meilleure protection contre les piqûres de moustiques nocturnes par son effet à la fois insecticide et insectifuge. On peut se procurer en pharmacie ou dans des magasins spécialisés des moustiquaires déjà imprégnées, ou les imprégner soi-même avec des kits d’imprégnation égalementvendus en pharmacie (les produits recommandés sont la deltaméthrine et la perméthrine). En cas d’imprégnation par trempage, la rémanence du produit est d’environ 2 mois si on lave sa moustiquaire 1 ou 2 fois pendant cette période. Il existe maintenant des moustiquaires imprégnées industriellement, à longue durée d’efficacité, résistantes à des lavages successifs. Les vêtements et les toiles de tente peuvent également être imprégnés par spray ou trempage dans la perméthrine, disponible en pharmacie.

Protection
Pour se protéger des moustiques qui piquent le jour, il faut utiliser des répulsifs cutanés (tableau 2). Ces produits contiennent un principe actif qui éloigne les insectes sans les tuer. Ils sont appliqués sur toutes les parties du corps peu ou pas couvertes. La durée de la protection varie de 4 à 8 heures et dépend de la concentration du produit et des conditions d’application (températures, bains, crème solaire, etc.). Ces produits sont à utiliser avec précaution, car ils sont toxiques par ingestion et doivent respecter un emploi précis chez l’enfant et la femme enceinte.

Les répulsifs cutanés : Au vu du manque de données disponibles sur la toxicologie des répulsifs cutanés, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), ne peut pas se prononcer pour une utilisation de ces produits pour les enfants âgés de moins de 30 mois dans le contexte d’une utilisation prolongée (utilisation supérieure à 1 mois - Avis du Comité des Maladies liées aux Voyages et des maladies d’Importation, CMVI). En ce qui concerne la protection contre les piqûres de moustiques pour les enfants qui ne marchent pas, l’utilisation de moustiquaires, de préférence imprégnées d’insecticides de la famille des pyréthrinoïdes, sur les berceaux et les poussettes reste la méthode la plus efficace.

Le HCSP estime cependant que l’utilisation de répulsifs chez les enfants âgés de moins de 30 mois ne peut être totalement proscrite lorsqu’un risque majeur de contracter une maladie grave existe. Il est donc recommandé, en suivant l’avis des Centers for Disease Control and Prevention des USA, d’utiliser des produits à base de DEET dès l’âge de 2 mois, en respectant les contre-indications et les précautions d’emploi, soit une concentration maximum de 30 % (American Academy Pediatrics News, 2003). En effet, malgré une très large utilisation de produits à base de DEET (utilisés régulièrement par environ 1/4 des enfants nord-américains) les effets indésirables graves sont rares.

· Enfin, dans des régions où les moustiques sont responsables de très fortes nuisances pour des séjours comme par exemple, les pays limitrophes du cercle polaire durant certaines courtes périodes de l’été, il est recommandé de prévoir des moyens de protections anti-moustiques de type répulsifs cutanés et vêtements imprégnés d’insecticides. Par ailleurs il faut éviter la surinfection des piqûres, en particulier chez l’enfant par grattage, en utilisant, si nécessaire (et sur avis médical) un dermocorticoïde associé à un anti-histaminique, en cas de prurit intense.

Tableau 1 - Efficacité relative des moyens de prévention disponibles contre les piqûres de moustiques

Moyens - Vecteurs

Anophèles
et Culex*

Aedes**

Maladies

Paludisme, West Nile, encéphalite japonaise,…

Dengue, chikungunya, fièvre jaune,…

Moustiquaire
(imprégnée d’insecticide)

++++

+

Pulvérisation intra domiciliaire
d’insecticides rémanents

+++

+

Diffuseur électrique d’insecticide
(intérieur)

++

++

Grillage antimoustique aux fenêtres et portes

++

++

Climatisation

+

+

Ventilation

+

+

Répulsifs cutanés

++

+++

Vêtements imprégnés d’insecticide

++

++

Serpentin fumigène (extérieur)

+

+

*les Anophèles et Culex piquent du coucher au lever du soleil
** les Aedes piquent le jour

Tableau 2 - Produits répulsifs bénéficiant d’un avis favorable du groupe d’experts de l’Afssaps, 2009.
Table 2 - repellents approved by AFSSAPS working group, 2009

Catégorie d’âge

Substance active

Concentrations

Exemples de formulations commerciales

de 30 mois à 12 ans

DEET (N,N-diéthyl-m-toluamide)

20 à 35%

Mouskito Tropic (spray)

de 30 mois à 12 ans

IR 3535 (N-acétyl-N-butyl-ß-alaninate d’éthyle)

20 à 35%

Cinq sur cinq Tropic lotion, Duopic lotion adulte, Manouka lotion citronnelle zones tropicales, Moustifluid lotion protectrice jeunes enfants, Moustifluid lotion protectrice zones tempérées Prebutix zone Europe (gel ou lotion), Prebutix lait répulsif

de 30 mois à 12 ans

KBR 3023 (Carboxylate de Sec-butyl 2-(2-hydroxyethyl)piperidine-1 /Icaridine)

20 à 30%

Insect écran peau enfant (spray),
Moustikologne protection extrême (lotion)

de 30 mois à 12 ans

Citriodiol (Mélange de cis- et trans-p-menthane-3,8 diol)

20 à 50%

Mosiguard (spray)

>12 ans

Les mêmes substances que la catégorie précédente


+ KBR 3023

aux mêmes concentrations sauf pour le DEET :
de 20 à 50%

20 à 30%

Tous ceux cités ci-dessus +




Insect écran peau adulte (gel ou spray), King (lotion) Insect écran spécial tropiques (spray)

Femmes enceintes

IR 3535

20 à 35%

Cinq sur cinq Tropic lotion, Duopic lotion adulte, Manouka lotion citronnelle zones tropicales, Moustifluid lotion protectrice zones tempérée, Moustifluid lotion protectrice jeunes enfants, Prebutix zone Europe (gel ou lotion), Prebutix lait répulsif

Précautions d’emploi : Pas plus de 3 applications / jour. Eviter le contact avec les yeux. Ne pas appliquer sur les muqueuses ou sur des lésions cutanées étendues. Ne pas appliquer en cas d’antécédents d’allergie cutanée.
Cette liste n’est pas exhaustive et est révisable. Elle a été élaborée dans le cadre des épidémies de dengue et de chikungunya. Compte tenu des changements possibles dans les formulations mises sur le marché, il convient de s’assurer de la composition exacte du produit avant son acquisition

2 - Risques liés aux autres insectes piqueurs (phlébotomes, mouches, punaises, poux et puces)

Les risques liés aux insectes piqueurs autres que les moustiques sont à prendre en compte particulièrement pour des séjours en zone rurale ou sauvage et/ou dans des conditions de confort sommaire. Parmi les insectes vecteurs de maladies, il faut mentionner principalement :

2.1 Les phlébotomes : Vecteurs de leishmanioses cutanées et viscérales en Amérique tropicale, en Afrique du Nord, au Moyen Orient et dans le sous continent Indien. Ces insectes piquent plutôt la nuit.

Prévention :

2.2 Les simulies : vecteurs d’onchocercose en Amérique tropicale et en Afrique
Ces insectes piquent le jour

Prévention :

2.3 Les glossines
Vecteurs de la maladie du sommeil en Afrique tropicale. Ces insectes piquent le jour.

Prévention :

2.4 Les punaises : Vecteurs de la maladie de Chagas en Amérique du sud. Ces insectes piquent la nuit à l’intérieur des habitations rurales.

Prévention :

2.5 Les poux de corps : Ils transmettent certaines bartonelles, certaines rickettsies.

Prévention :

2.6 Les puces : Elles transmettent certaines bartonelles, certaines rickettsies, la peste.

Prévention :

2.7 Les ceratopogonidés (moucherons piqueurs) : Responsables de fortes nuisances

Prévention :

3 - Risques liés aux autres arthropodes (tiques, araignées, scorpions)

3.1 Tiques
Les tiques peuvent transmettre des maladies par piqûre, telles que la maladie de Lyme (en Europe et en Amérique du Nord), les fièvres récurrentes et les rickettsioses. Un vaccin existe contre la méningo-encéphalite à tiques, mais la seule prévention contre les autres infections transmises par les tiques reste l’application de répulsifs cutanés au niveau des voies d’entrée possibles sur le corps telles que poignets, chevilles, base du cou (pour les tiques, les données de la littérature laissent penser que le DEET est actif, les autres répulsifs ayant été moins étudiés). Les tiques s’accrochent sur un hôte animal, ou sur l’être humain, lorsque celui-ci se déplace dans des zones infestées (zones forestières en particulier). Il est donc impératif de rechercher la présence de tiques sur soi après toute promenade en extérieur et d’ôter très rapidement la tique présente. Pour cela, on peut utiliser un Tire -Tique ou une pince à épiler avec laquelle on attrape doucement la tique et on la retire sans forcer, pour éviter que son appareil buccal ne se casse dans la plaie. La plaie doit être désinfectée après extraction de la tique.

3.2 Acariens microscopiques
En ce qui concerne les acariens microscopiques (du type aoûtats) qui peuvent infester la peau lors de promenades en milieu naturel (en particulier en zone tropicale), et être responsables de fortes démangeaisons, on s’en protège en utilisant également des répulsifs cutanés.

3.3 Arthropodes piqueurs
Les risques liés aux autres arthropodes piqueurs comme les araignées, les scolopendres et les scorpions rentrent dans la catégorie des envenimations. Toute piqûre qui entraîne des troubles importants (fièvre, nausées, douleur importante, gonflement anormal, etc.) nécessite une visite au service des urgences le plus proche si le déplacement est possible, ou l’appel des secours si le déplacement n’est pas possible. En cas de bivouac, il est recommandé de protéger ses affaires (vêtements, chaussures et autres) en les rangeant dans un sac ou bidon en plastique étanche et bien fermé, contenant des boules insecticides.

La protection des patients et du personnel contre les piqûres de moustique est à la charge de l’établissement qui l’organise en fonction de sa configuration (moustiquaires aux fenêtres, climatisation de certaines zones, diffuseurs électriques, répulsifs cutanés, moustiquaires de lit…).

En particulier sont recommandés :

Dans l’habitat :

Le traitement systématique à l’aide d’insecticides pyréthrinoïdes des rideaux de portes, voilages, fenêtres et séparations intérieures, de même que l’utilisation de moustiquaires, sont utiles en complément des plaquettes ou tortillons fumigènes (à l’extérieur ou dans une pièce aérée). La destruction des gîtes larvaires potentiels est très fortement recommandée (ex : pots de fleurs, récipients divers, pneus usagés et déchets encombrants divers constituent des zones d’eau stagnante…).

Toutefois aucune mesure n’est efficace à 100% et c’est la somme de mesures individuelles et collectives qui permet de faire diminuer la transmission.

- Sauf en cas d’antécédents de convulsions ; Eviter les contacts du diéthyl toluamide (DEET) avec les plastiques, vernis, verres de montres et lunettes ; attention, le DEET diminue l’efficacité des crèmes solaires (environ 1/3).

- Le fabricant le recommande à partir de 5 ans

- Le fabricant le recommande à partir de 36 mois

- Le fabricant le recommande à partir de 6 ans

- Limiter l’utilisation consécutive à un mois

- Sauf en cas d’antécédents de convulsions

 

Les scolopendres

La scolopendre est un animal qui inspire beaucoup de crainte et généralement du dégoût… excepté pour les éleveurs passionnés ! La Thaïlande abrite quelques unes des espèces tropicales de grande taille et en rencontrer durant la saison des pluie n’est pas rare… même en ville. Quelques précautions s’imposent. Les conseils du BNH Hospital

Le point sur la scolopendre :
La scolopendre est un arthropode de la famille des Scolopendridae. On la trouve partout dans le pourtour méditerranéen et dans tous les pays tropicaux. Il existe de nombreuses espèces différentes pouvant dépasser les 30 cm de long sous les tropiques. La scolopendre est un animal brun rougeâtre. Elle possède un corps allongé et plat, composé de segments qui portent chacun une paire de longues pattes, lui permettant de se déplacer beaucoup plus rapidement que son cousin le mille-pattes. Elle possède un appareil inoculateur de venin qui s’articule et forme une paire de tenaille acérée.

Mœurs :
Les scolopendres sont de redoutables carnassières, vivaces et voraces. Elles affectionnent les lieux sombres, humides et chauds (bois, litière ou friches, recoins sous les pierres, écorce des arbres). Elles se faufilent occasionnellement dans les maisons, bâtiments, tentes… par de petits orifices. Elles quittent leur abri pour chasser la nuit et se nourrissent d’insectes (araignées, fourmis, cafards...) et d’autres anthropodes plus petits. Les plus gros spécimens n’hésitent pas à s’attaquer à de petits mammifères (souris, lézards…). Les scolopendres attaquent leurs proies de manière foudroyante ! Elles peuvent vivre cinq ou six ans.

Morsures et venin :
L’animal ne mord que lorsqu’il se sent menacé. La morsures venimeuses, est très douloureuses (sensation de brûlure), notamment pour les espèces tropicales. Dans la très grande majorité des cas, elles ne sont pas dangereuses. Les morsures mortelles sont rarissimes et surviennent surtout chez les très jeunes enfants mordus à des endroits très sensibles comme le cou ou la tête et les individus présentant une allergie sévère au venin.

Les symptômes :
Les signes sont locaux : rougeur avec parfois œdème, des troubles de la sensibilité. La plupart des morsures n’engendrent pas de complications. Cependant, une nécrose cutanée peut apparaître (mort des tissus). Les signes généraux (vomissements, fièvre, augmentation des ganglions lymphatiques, maux de tête voire un pouls irrégulier) sont très rares et généralement modérés.

Que faire en cas de morsure ?
Nettoyez avec de l’eau et du savon puis utilisez un antiseptique si vous en avez. Vous pouvez appliquer des compresses froides. Si la morsure concerne un enfant, une personne ayant des antécédents d’allergie, si des symptômes sévères apparaissent ou si la douleur persiste au delà de 12h, vous devez absolument consulter un médecin qui décidera d’un traitement adapté.

Prévention
Il existe bien entendu des insecticides et répulsifs. Cependant, quelques moyens de préventions naturels peuvent permettre d’éviter les contacts rapprochés avec les scolopendres :

• Nettoyer les alentours de votre maison, ôtez feuilles et végétation en décomposition afin d’améliorer la ventilation.
• Laisser sécher le sol entre deux arrosages.
• Obturer les fentes et orifices dans les murs de fondation, autour des fenêtres et des portes en particulier avant la saison humide.
• Éviter de marcher pieds nus dans les feuilles.
• Assécher sa maison en aérant fréquemment.
• Toujours vérifier vêtements et chaussures avant de les enfiler.
• Les pièges collants dans les parties très humides de la maison peuvent être utiles.

Toucher une scolopendre est vivement déconseillé !
S’il vous arrive d’en croiser une, préférez l’éjecter à l’extérieur de votre maison plutôt que de l’exterminer. Cet animal constitue un maillon important de la chaîne alimentaire donc de la biodiversité et est utile à la nature en aérant le sol et en produisant de l'humus.

Pour plus d’information, vous pouvez contacter le service des urgences du BNH Hospital. Tel. 02-632 1000 (numéro direct).

Pour toute information en français, veuillez contacter :
BNH Hospital (Sathorn – Convent)
9/1 Convent Rd, Silom Bangkok 10500
Tel. 02 686 2700 Ext. 3310;Fax 02 632 0579
www.BNHhospital.com

Les piqûres de guêpes, d'abeilles et de frelons

Les piqûres d’hyménoptères provoquent des réactions allergiques graves chez environ 10% de la population. La quantité de venin injecté par une abeille est de l’ordre de 50 à 100 microgrammes et pour la guêpe de l’ordre de 2 à 10 microgrammes.

En cas de piqûre :

- S'il s'agit d'une piqûre d'abeille, retirez rapidement le dard avec l’ongle ou avec le bord non tranchant d’un couteau (en glissant parallèlement à la surface de la peau) ou d’une carte de crédit. N’utilisez pas de pincette, la glande à venin pourrait éclater et libérer encore plus de venin.

- Otez les bagues en cas de piqûre à la main. 

- Exposez la zone piquée à une source de chaleur (compresses d'eau chaude, sèche-cheveux… en faisant attention aux brûlures) afin de neutraliser le venin

- Nettoyez avec de l’eau et du savon

- Appliquez une solution antiseptique (Les hyménoptères sont des omnivores et vont des arbres fruitiers aux poubelles)

- Appliquez un gel ou une crème apaisante pour soulager la douleur et la démangeaison. A défaut, l’application de glace aura un effet antalgique.

- En cas de démangeaisons intenses, prenez un antihistaminique par voie orale. 

- Allongez-vous, les pieds surélevés.

- Consultez un médecin si vous êtes allergique, si vous avez été piqué(e) dans la gorge ou dans la bouche, si les piqûres sont nombreuses et présentent un gonflement excessif (plus de l0 cm de diamètre), ou en cas d'agitation, de changement de timbre de voix, de transpiration abondante ou de vomissements.

- Le choc anaphylactique apparaît quelques minutes seulement après la piqûre et peut conduire au décès. Le traitement doit donc être immédiat. Les personnes allergiques aux piqûres d'abeille ou de guêpes doivent avoir sur elles une trousse d'urgence contenant de l'adrénaline injectable, un antihistaminique et un corticoïde oral. Pour éviter d'être piqué, ne marchez pas pieds nus dans l'herbe, évitez les couleurs vives rappelant celles des fleurs et les parfums. Ne vous agitez pas si vous apercevez une abeille ou une guêpe.

- Nous recevons chaque année environ 700 appels au CAP concernant des piqûres d’hyménoptères. Dans environ 70 % des appels, il y a des symptômes au moment de l'appel  : piqûre, rougeur, douleur et gonflement. Dans moins de 10% des appels, on nous rapporte un état de malaise accompagné de difficulté respiratoire et/ou une éruption, qui sont les premiers signes d’une réaction allergique grave.

Les hyménoptères, ordre d’insectes comprenant les guêpes, les abeilles, les frelons et les bourdons, sont caractérisés par :

- 2 paires d’ailes solidaires pendant le vol

- un corps divisé en trois régions : la tête, le tronc et l’abdomen

- un appareil venimeux situé à l’extrémité postérieure de l’abdomen qui comprend un aiguillon mobile connecté à une paire de glandes venimeuses

- Le mâle hyménoptère ne possède pas d’appareil venimeux et ne pique donc pas.

Le venin

- La composition chimique des venins est complexe. Ils contiennent des enzymes (phospholipases, hyaluronidases, …) des peptides ( kinines, …), des amines (histamine, ...) des acides aminés et d’autres  substances qui jouent un rôle d’allergènes puissants. 

- Ces venins ont une action directe : la toxicité cellulaire (qui entraîne la destruction des cellules) et une action indirecte : les manifestations immunologiques.

- La quantité de venin injecté par une abeille est de l’ordre de 50 à 100 microgramme et pour la guêpe de l’ordre de 2 à 10 microgramme.

La famille des Apidés

- Les Apidés ont un corps velu.

- L’abeille (Apis),  possède un dard  barbelé relié aux muscles de l’abdomen. L’abeille ne pique que si elle est dérangée dans son travail. Cet insecte travailleur ne pique qu’une seule fois car une partie de son abdomen est arraché avec le dard entraînant la mort de l’abeille.

- Le bourdon (Bombus), plus volumineux et plus velu, reconnaissable à son bruit,  pique mais ne laisse pas son dard.

La famille des vespidés

- Les Vespidés ont un  abdomen jaune rayé ou taché de noir, fusiforme à l’arrière et séparé du thorax par un rétrécissement marqué.

- La guêpe sociale (Vespula) mesure 15 mm vit dans des nids de quelques centaines à quelques milliers d’individus. Elle se nourrit de larves de mouche et d’autres insectes et joue de ce fait un rôle important dans l’écosystème. Les guêpes sont attirées par les fruits, le sucre et la viande. Les guêpes femelles peuvent piquer plusieurs fois.

- Le frelon (Vespa) mesure 35 mm, voisin de la guêpe,  peut piquer plusieurs fois. Ses piqûres sont  très douloureuses et peuvent être dangereuses.

La piqûre

- L’inoculation de venin est intradermique c'est à dire dans le tissu conjonctif dense de la peau. Au niveau des muqueuses et de la conjonctive (œil) la diffusion du venin est plus rapide ce qui entraîne un gonflement plus important.

Trois réactions sont possibles :

REACTION  LOCALE 

- La piqûre est douloureuse. On peut voir une rougeur locale, un gonflement (oedème local) de quelques cm, une légère induration. Cette réaction s’accompagne parfois de démangeaisons. Produite par les  amines vasoactives et par les  peptides, cette réaction disparaît en générale en quelques heures.

- En fonction de l’endroit de la piqûre, le gonflement peut être plus important : par exemple au niveau du visage (paupières, ailes du nez, oreilles, lèvres) et du cou. Une piqûre dans la bouche ou dans la gorge peut provoquer un tel gonflement que la personne peut étouffer.

REACTION TOXIQUE

- Les symptômes seront plus intenses en fonction du nombre de piqûre.

- Suite à de multiples piqûres, la quantité de venin injectée est plus importante. A la réaction locale s’ajoute alors des signes généraux : œdème au niveau des piqûres, de la fatigue, des vomissements, de la diarrhée, des maux de tête, une chute de tension parfois des convulsions et une perte de connaissance.

- Une personne adulte qui présente plus de 20 piqûres d'hyménoptère doit être hospitalisée pour une surveillance.

REACTION ALLERGIQUE (Choc anaphylactique)

- La réaction allergique ne dépend pas de la dose de venin injectée. Une seule piqûre suffit à la déclencher. Un intervalle court de deux mois entre deux piqûres peut être un facteur de risque au développement d’une réaction allergique au venin d’hyménoptère.

- Une personne présentant une douleur et un gonflement local de plus de 10 cm ainsi que des symptômes persistant plus de 12 heures, court un plus grand risque, lors d'une prochaine piqûre de développer une réaction allergique grave.

Les symptômes sont :

- cutanés : urticaire généralisé, rougeur, démangeaisons et gonflement important (Angioedème : urticaire s’étendant au tissus sous-cutanés et/ou sous-muqueux)

- respiratoires : œdème de la langue qui provoque des difficultés pour avaler, œdème de l’épiglotte et du larynx, bronchospasme qui s’accompagne d’une oppression thoracique, d’angoisse et cyanose (coloration bleuté de la peau).

- cardiaques : chute de la tension, vertiges, perte de connaissance

- digestifs : nausées, vomissements, diarrhée

- neurologiques : coma

- L’obstruction des voies respiratoires et le choc cardiovasculaire peuvent  entraîner la mort de la victime.  

Que faire en cas de piqûres ?

- Si possible, identifiez l’insecte qui vous a piqué.

- Lors d’une piqûre, la douleur est immédiate et un œdème local se développe rapidement.

- Les abeilles laissent l’aiguillon et la glande à venin accrochées à la peau de la victime. L'appareil continue ainsi à injecter les réserves de venin. Dans ce cas, retirez rapidement le dard avec l’ongle ou avec le bord non tranchant d’un couteau (en glissant parallèlement à la surface de la peau) ou d’une carte de crédit. N’utilisez pas de pincette, la glande à venin pourrait éclater et libérer encore plus de venin.

- Le frelon a un dard plus long. La piqûre est plus profonde. Le venin peut être injecté directement dans les vaisseaux sanguins, accélérant ainsi la réaction.

- Oter les bagues en cas de piqûre à la main.

- Certains auteurs recommandent d'approcher de la zone piquée une source de chaleur (sèche-cheveux, eau la plus chaude possible) puis une source de froid (glace). Cela permettrait de diminuer la douleur et le gonflement.

- Bien désinfecter avec de l’eau et du savon, puis appliquer une solution antiseptique. (Les hyménoptères sont des omnivores et volent des arbres fruitiers vers les poubelles.)

- Pour une douleur intense, prenez un antidouleur  par voie orale.

- Vérifiez si vous êtes en ordre de vaccination contre le tétanos.

Consultez un médecin

- Lorsque la réaction locale est importante (gonflement, rougeur, chaleur, douleur) et dure plus de 24 heures. Une infection peut se développer à l’endroit de la piqûre.

- Quand la piqûre a eu lieu dans la bouche ou dans la gorge, le gonflement peut être rapide et important avec des difficultés respiratoires. Donnez un glaçon à sucer et consultez immédiatement un médecin ou conduisez la victime à l’hôpital. Le traitement est symptomatique.

- En cas de réaction allergique suite à une piqûre. Appelez le 100 ou le 112 pour un transport d’urgence à l’hôpital. L'allergie se manifeste par une éruption cutanée avec fortes démangeaisons, un gonflement du visage, des vertiges, de la pâleur. Retirez rapidement le dard s’il y en a un, désinfectez, couchez la victime et surélevez ses jambes.

- En cas de piqûres multiples (plus de 20 chez l’adulte), transportez la victime à l’hôpital pour une surveillance.

Des conseils pratiques de prévention

- Ne vous promenez pas pieds nus dans la nature, notamment dans l’herbe.

- Ne portez pas sur vous des substances susceptibles d’attirer les guêpes et les abeilles (parfums, laques, crème solaire odorante...)

- Evitez bien sûr le voisinage des ruches ou des nids.

- Ne stationnez pas à proximité de poubelles mal fermées.

- Choisissez des vêtements de couleurs claires. Evitez les couleurs trop lumineuses pouvant ressembler à celles des fleurs

- Si un insecte tourne autour de vous, restez calme. Evitez des gestes brusques et repoussez le doucement, évitez les réactions de paniques et d’angoisse.

- Si vous êtes allergique, évitez de manger ou de donner à manger dehors. Evitez de boire des boissons dans des cannettes à l’extérieur, car on ne voit pas ce que l’on boit.

- Les personnes allergiques devraient avoir une trousse d’urgence composée d’adrénaline injectable (type Epipen® 0.3mg), d'un antihistaminique (par ex du Zyrtec®) et d'un corticoïde oral.  Prévenir aussi l’entourage et les amis de ce risque allergique.

Quelques mots sur les traitements de désensibilisation :

Mécanisme de la réaction allergique

- Les mécanismes de réaction allergique aux piqûres d’hyménoptères sont comparables à ceux du rhume des foins ou de l’allergie à la pénicilline par exemple.

- Lors d’une première piqûre, chez des personnes prédisposées, des anticorps type IgE sont produits. Ces anticorps vont se fixer sur des cellules spécifiques appelées mastocytes qui sont surtout présentes dans la peau, les intestins et les voies respiratoires.

- Lors d’une seconde piqûre, la combinaison de l’antigène (venin de hyménoptère) avec l’anticorps (IgE se trouvant sur les mastocytes) produit une libération histamine et de substances vaso-actives présentes dans les mastocytes à l'origine des symptômes allergiques. Cette réaction allergique se déclenche dans les 5 à 10 minutes.

Diagnostiquer la personne allergique et le type d’allergie

- Il faut identifier l’insecte en cause. Se rappeler que seule l’abeille laisse son dard dans la peau. Une allergie au venin d’abeille n’entraîne pas d’allergie au venin de guêpe (sauf dans de rares cas, on peut avoir une allergie croisée).

- Des tests cutanés sont réalisés. Ils sont à base de venin purifié et dilué.

- Il faut toujours attendre 6 semaines après une réaction allergique lors d’une piqûre pour réaliser ces tests cutanés pour éviter des réponses faussement négatives aux tests.

- Si le patient est sous antihistaminiques, attendre 10 jours après l’arrêt du traitement pour effectuer les tests cutanés.

- Des dosages sanguins permettent de rechercher la présence d’anticorps IgE spécifiques aux différents venins.

La désensibilisation

- Les traitements de désensibilisation sont réservés  aux personnes ayant fait une réaction grave. L’immunothérapie désensibilisation est un traitement permettant de rendre le patient tolérant à un allergène particulier, donc de réagir en neutralisant le venin.

- Ce type de traitement est toujours pratiqué par un médecin en milieu hospitalier.

- Le patient reçoit en injection sous-cutanée des doses croissantes du venin d’hyménoptère auquel il est allergique. Les intervalles entre les injections varient en fonction du type de désensibilisation (traitement accéléré toutes les 30 minutes pendant 4 à 5 jours ou traitement de 3 à 5 ans avec des injections d'abord hebdomadaires puis mensuelles).

Comment éliminer un nid de guêpes ou d’abeilles

- Pour les nids de guêpes, faites appel aux pompiers.

- S'il s'agit d'un essaim d'abeilles contactez un apiculteur pour le récolter.

La petite trousse de secours à emporter sur la plage

- En cas de piqûre de méduse, vive ou oursin, il serait bien utile, surtout si vous êtes éloigné d'un poste de secours, d'avoir à disposition une petite trousse de secours qui vous permettra de faire les premiers gestes en attendant d'aller consulter un médecin.

- Sur la plage, il est donc recommandé d'emporter avec vous :

- une solution antiseptique en doses individuelles à usage unique ;

- une pommade anti-inflammatoire à base de cortisone ;

- un traitement homéopathique (Apis mellifica), à utiliser en cas de brûlures et de problèmes cutanés liés à des piqûres d'insectes

- une pince à épiler ;

- du ruban adhésif ;

- des gants en plastique ;

- une pompe antivenin.

LES INCIDENTS DU QUOTIDIEN

En randonnée à cause d’une malheureuse branche d’arbre ou en camping en faisant la cuisine : coupures et écorchures nous guettent à tous instants et ne doivent pas être pris avec légèreté. En effet toute plaie, aussi petite soit-elle, peut se surinfecter à moins d’être soignée.

En cas d'écorchure:

- Lavez-vous les mains à l'eau et au savon et rincez soigneusement

- Procédez au même nettoyage de la plaie. N’utilisez pas de coton hydrophile car celui-ci peut laisser des fibres.

- Désinfectez à l’aide d’un antiseptique incolore (pour ne pas masquer les lésions) en procédant, avec une compresse stérile, du centre vers la périphérie.

- Un pansement prédécoupé et stérile permet de la protéger des infections tout en accélérant la cicatrisation s’il inclut du gel.

En cas de coupure :

- Si la coupure est superficielle et que les bords sont nets, lavez-la du centre vers les bords pour ne pas ramener d'impuretés

- Enlevez les éventuels débris (terre, gravier) qui collent à la plaie. 

- Comprimez la coupure 10 mn avec une compresse stérile pour arrêter le saignement

- Désinfectez 

- Protégez avec un pansement

- Si la coupure est plus profonde, que ses bords ne sont pas nets ou qu’elle touche le visage, protégez-la avec une compresse stérile et rendez-vous chez le médecin de garde ou au service des urgences qui vérifieront si une suture est nécessaire.

- Consultez un médecin si l’un de ces signes d'infection apparaît dans les jours qui suivent : douleur, gonflement, rougeur et/ou chaleur autour de la plaie, purulence, petits ganglions (près de la plaie, au niveau du cou, sous les bras ou dans l’aine), fièvre... Par ailleurs, si la plaie est plus grande que la moitié de la paume de la main, ou si elle est située près d'un orifice naturel (visage, organes génitaux, anus...), il est aussi indispensable de consulter. Enfin, ne pas oublier de vérifier sa couverture vaccinale contre le tétanos.

Brûlure :

L'eau bouillante affiche une température de 100°C, l'huile de friture 200°C, un fer rougi 800°C, et une flamme 1200°C.  Lors du contact avec l'objet chaud, la température de la peau peut dépasser les 100°C. Même si le contact est rompu, la chaleur emmagasinée par la peau est toujours présente. Elle continue à endommager les cellules  puisque les lésions apparaissent à partir de 52°C. Refroidir la peau est donc le premier geste à effectuer.

En cas de brûlure du premier degré :

- Refroidir la partie brûlée sous l’eau froide pendant dix à vingt  minutes. A défaut, couvrir la brûlure d'une serviette ou d'un drap propre imbibé d'eau froide. Corps gras, pommade et remèdes de grand-mère, tels que pomme de terre ou vinaigre, sont à proscrire ; Les glaçons également : ils provoqueraient une brûlure par le froid, douloureuse et dommageable.

- Appliquer un gel ou une crème protectrice et cicatrisante.

- En fonction du type de produit et de brûlure, mettre une compresse stérile.

- Si la surface de la brûlure est plus grande que la paume de la main, si des cloques apparaissent ou si la zone devient blanchâtre, une consultation médicale s’impose. Dans tous les cas, votre pharmacien vous conseillera.

La trousse à pharmacie de la famille :

Des trousses pré-remplies sont proposées en officine. Votre pharmacien vous indiquera comment compléter leur composition en fonction de votre destination. Voici un modèle de trousse proposé par l'Institut National de Veille Sanitaire. Pour certains produits, une visite chez le médecin peut être nécessaire.

Médicaments :

- un antalgique et un antipyrétique (pour faire baisser la fièvre). Le paracétamol est conseillé.

- un antidiarrhéique 

- un antiémétique si nécessaire (contre le mal des transports)

- un antihistaminique

- Pour les départs en zone infectée par le paludisme :

- un répulsif contre les moustiques

- un antipaludique à usage préventif

- Quelques autres produits utiles :

- du collyre antiseptique (conditionnement monodose)

- un thermomètre

- une pince à épiler

- une ou plusieurs crèmes solaires avec un indice adapté à chacun des membres de la famille

- une crème pour les brûlures

- des pansements stériles et sutures adhésives

- un antiseptique cutané

- du gel ou solution hydro-alcoolique pour l’hygiène des mains

- dosettes de sérum physiologique (unidose)

- un produit pour la désinfection de l'eau de boisson 

- des sachets de sucre en cas d'hypoglycémie

- des bas de contention si vous voyagez en avion

- un répulsif anti-moustique

Pour les enfants et nourrissons :

- les mêmes médicaments présentés sous forme pédiatrique avec leur mode d’utilisation

- une émulsion apaisante pour les éventuels petits coups de soleil, à base de calendula et de vitamine E pour favoriser la réparation cutanée

- un gel qui calme les démangeaisons dues aux piqûres d’insecte ou aux végétaux urticants (vérifiez qu'il est bien recommandé pour son âge) 

- un gel ou une crème à l’arnica pour soigner bleus et bosses

- des sachets de soluté de réhydratation orale, indispensables en cas de diarrhée du nourrisson ou de coup de chaleur

- des pansements prédécoupés en version waterproof, qui ne se décollent ni dans la pataugeoire, ni dans la mer

- un antiseptique qui ne pique pas

- un spray hémostatique pour les coupures et écorchures.

ENVENIMATIONS PAR POISSONS TROPICAUX : ASPECTS CLINIQUES ET THERAPEUTIQUES

RESUME : La piqûre par les épines de certains poissons tropicaux peut être à l’origine d’envenimations, se traduisant par des lésions locales et des signes généraux, ces derniers étant moins constants. Les blessures par raies armées et poissons-pierres sont potentiellement dangereuses. Le traitement pourra tirer parti du caractère thermolabile des venins. Un sérum fabriqué en Australie est proposé en cas d’envenimation par poisson-pierre. Lorsque les antalgiques sont insuffisants à calmer la douleur, le recours à une anesthésie locale, voire locorégionale peut être envisagé. La chirurgie peut également être indiquée.

Les raies armées

- Sont regroupées sous cette appellation plusieurs familles de raies pourvues sur leur appendice caudal d’un ou deux aiguillons venimeux. L’espèce la plus connue est certainement la raie pastenague (Dasyatis pastinaca). L’appareil venimeux, de forme cylindro-conique allongée, est constitué d’un dard effilé, nanti sur les côtés de deux rangées de denticules rétrogrades, de deux appareils glandulaires logés dans deux gouttières latérales, et recouvert par une enveloppe tégumentaire. L’orientation des dentelures permet facilement la pénétration de l’aiguillon dans les chairs de la victime, mais s’oppose à son retrait, à la façon d’un harpon qui dilacère alors les tissus. Le venin est injecté passivement lors de la pénétration du dard qu’il imprègne, et activement, par les muscles de la queue de l’animal qui font pression sur l’appareil glandulaire. Les accidents sont susceptibles d’intéresser essentiellement les chasseurs sous-marins, lors de la capture de l’animal. A noter que l’aiguillon reste dangereux plusieurs heures après la mort de celui-ci. Le venin a des propriétés hémolytiques, neurotoxiques et une toxicité cardio-vasculaire. Il est thermolabile.

- Les lésions observées dépendent tout d’abord de facteurs mécaniques : taille du dard et siège de la blessure. Chez certaines espèces, l’aiguillon peut atteindre 30 à 35 cm de long. Les plaies sont volontiers profondes, anfractueuses. Les perforations abdominales ou thoraciques sont de pronostic redoutable. L’aiguillon peut être présent dans la plaie, ou du moins sa membrane tégumentaire.

- L’effet du venin se fait sentir immédiatement : la douleur est d’emblée extrêmement vive, et croît rapidement, irradiant à toute la région concernée, atteignant son paroxysme à la deuxième heure, puis cédant progressivement la place à un engourdissement ponctué d’élancements très violents. Autour de la blessure s’installe un œdème inflammatoire sur lequel apparaissent parfois des phlyctènes sérohématiques. Un malaise est constant, accompagné d’anxiété, et allant de la lipothymie à la syncope. Peuvent apparaître un choc, voire un collapsus cardio-vasculaire, une hémolyse, une détresse respiratoire, des spasmes musculaires, des paralysies, des convulsions. La cicatrisation de la blessure est par ailleurs généralement très lente, émaillée de surinfections parfois sévères (ostéites).

Les poissons-pierres (Synancées)

- Les poissons-pierres (Synancéia verrucosa, S. horrida, S. nana, S. trachinis), réputés pour leurs exceptionnelles facultés de camouflage, sont considérés comme les poissons les plus venimeux de la planète, et peuvent être à l’origine d’accidents mortels. Leur appareil venimeux est constitué de treize épines dorsales, dont les trois premières s’orientent verticalement, chacune raccordée à une glande à venin, l’expulsion de celui-ci se faisant activement, lors de la pénétration de l’épine dans les chairs de la victime.

- La gravité de l’accident sera fonction de la dose de venin injectée, elle-même dépendante de la taille de la synancée incriminée, du nombre et de la profondeur des piqûres, ainsi que du poids du sujet et du délai de prise en charge de celui-ci. Le venin est sensible à la chaleur, mais des températures élevées (52°C pendant trente minutes) sont nécessaires pour le détruire. Il possède différentes fractions, dont une hyaluronidase, un facteur létal inducteur d’œdème appelé stonustoxine (possédant des propriétés hémolytiques in vitro), et un peptide responsable de sa neurotoxicité. Il est également doué d’une toxicité cardio-vasculaire.

- La douleur est atroce, atteignant rapidement tout le membre, pouvant conduire à la syncope et durer de quelques heures à quelques jours. Un important oedème, avec marbrures ou cyanose, gagne la région atteinte, une nécrose apparaissant secondairement aux points d’injection. Une hyperesthésie cutanée peut s’observer, ainsi qu’une paralysie complète du membre blessé. Un malaise est pratiquement constant, avec angoisse, nausées, vomissements, sueurs, parfois convulsions, auxquels peuvent s’ajouter un choc et une détresse respiratoire. Le décès est exceptionnel, aucun cas n’ayant été décrit dans les mers des Antilles à notre connaissance. Localement, l’évolution peut se faire vers une nécrose assez étendue. L’infection est fréquente.

Les ptéroïs

- De nombreuses espèces de ptérois fréquentent les eaux des mers aux Antilles. Peu farouches, ils se laissent facilement approcher, exposant ainsi le plongeur au risque de contact vulnérant.

- Leur appareil venimeux est composé de 13 épines dorsales, 2 pelviennes, 3 anales, chacune reliée à une glande à venin dépourvue de réservoir. Les nageoires pectorales ne sont pas venimeuses. Les épines, longues et fines, occasionnent des piqûres souvent multiples mais peu profondes. La quantité de venin injectée (passivement) est généralement faible.

- La douleur survient rapidement et dure plusieurs heures, très intense, à type de brûlure s’étendant au membre blessé, cependant qu’apparaît un oedème inflammatoire qui peut persister plusieurs jours. Une nécrose, généralement peu étendue, peut apparaître secondairement aux points d’injection. Les manifestations générales sont inconstantes : anxiété, malaise, asthénie intense, vertiges, nausées, beaucoup plus rarement choc, défaillance respiratoire. Le décès est exceptionnel aucun cas n’ayant été décrit dans les mers des Antilles.

Les rascasses (et autres Scorpaenae)

Les rascasses ont en commun avec les synancées leurs facultés de camouflage. Certaines espèces (Scorpaenopsis gibbosa) partagent également leur habitat. Les scorpènes sont équipés de 12 épines dorsales, 1 pelvienne, 3 anales, susceptibles d’inoculer un venin dont les propriétés sont analogues à celui des ptérois.

Les poissons-chats (Siluriformes).

- Plusieurs espèces peuvent être en cause, dont le poisson-chat rayé (Plotosus linéatus).

- En dépit de leur apparence inoffensive (les juvéniles évoluent en bancs prenant volontiers la configuration caractéristique d’une boule), les plotoses sont dotés d’un appareil venimeux redoutable, constitué de trois épines disposées en triangle, devant la nageoire dorsale et les pectorales, reliées à des glandes à venin. Les épines, tranchantes, ont une denture rétrograde rappelant (à une moindre échelle) celle des aiguillons de raies.

- La piqûre est extrêmement douloureuse, et s’accompagne d’un important oedème. Le point d’injection évolue secondairement vers la nécrose. Un choc peut s’observer, le décès étant exceptionnel.

Les poissons-crapauds (Batrachoididae)

Certaines espèces sont dotées de 2 épines dorsales et 4 operculaires garnies de glandes à venin. Leurs moeurs et leur aptitude au camouflage rappellent celles du poisson-pierre. Leur piqûre expose à des effets comparables à celle des poissons-chats, mais la plaie guérit plus facilement.

Les poissons-lapins (Siganidae)

Assez proches des Acanthuridae, les poissons-lapins sont appréciés des chasseurs sous-marins pour la finesse de leur chair. Leur appareil vulnérant comprend 13 épines dorsales, 7 anales, 4 pelviennes, porteuses de glandes à venin. La piqûre est très douloureuse, mais le plus souvent bénigne.

Les chirurgiens ( Acanthuridae, sous famille des Acanthurinae)

L’appareil vulnérant de ces poissons est constitué de deux épines acérées, tranchantes et érectiles, situées de part et d’autre du pédoncule caudal. Au repos, repliées, elles baignent dans un mucus toxique. Elles se dressent, côté tranchant vers l’avant, lorsque l’animal se sent menacé. La blessure, qui survient essentiellement lors de la capture de l’animal en chasse sous-marine, prend l’aspect d’une plaie plus ou moins large et profonde, présentant les caractéristiques d’une envenimation : douleur disproportionnée à la taille de la lésion, importante réaction inflammatoire, quelquefois nausées. A noter par ailleurs la possibilité, lorsqu’il s’agit de gros spécimens, de lésions délabrantes (sections tendineuses, plaies de nerfs ou de vaisseaux).

Divers

La liste des poissons porteurs d’épines venimeuses est loin d’être close. Citons encore:

- certains Carangidae, dont Scomberoides commersonanius, et S. lysan.

- Les requins épineux, ou aiguillats (Squalus acanthias et autres)

- Les chimères, ou poissons-rats (Chimeridae)

- Les uranoscopes (Uranoscopus duvali et autres)

- etc

Il est par ailleurs à noter que la piqûre par les épines de nombreux poissons totalement dépourvus d’appareil venimeux expose, au moins localement, à des effets assez comparables à ceux d’une envenimation mineure : douleur au point d’injection disproportionnée par rapport à la taille de la lésion et pouvant irradier à distance, réaction inflammatoire même en l’absence de surinfection. Il semble permis de supposer que le mucus qui recouvre la peau de ces animaux a des propriétés faiblement toxiques (poissons-soldats, licornes…).

ASPECTS THERAPEUTIQUES

Un certain nombre de mesures de premiers soins peuvent être appliquées indifféremment quel que soit le poisson incriminé. Certains types d’accidents relèvent en revanche d’une prise en charge plus spécifique. Notons toutefois qu’il n’existe sur ce chapitre que très peu d’attitudes réellement consensuelles et qu’un certain nombre d’entre elles apparaissent insuffisamment validées.

Nettoyage de la plaie

Le nettoyage de la plaie, dans un premier temps à l’eau de mer, puis à l’aide d’une solution antiseptique est toujours impératif. Il sera accompagné si possible de l’extraction d’éventuels fragments d’épines. Les blessures par dards de raies armées méritent une mention particulière : si l’aiguillon est fiché dans la plaie, son extraction avec les moyens du bord pourra être tentée prudemment, afin de limiter l’envenimation. Toutefois, eu égard à la conformation du corps étranger, les risques de dilacération des tissus lors de manœuvres intempestives ne semblent pas négligeables et sont à mettre en balance avec le bénéfice attendu. Si l’aiguillon n’est pas présent, un examen attentif de la blessure recherchera la gaine venimeuse entourant celui-ci, sous forme d’une membrane noirâtre adhérente aux bords de la plaie, et dont l’extraction peu périlleuse est par contre tout à fait recommandée.

Utilisation d’une source de chaleur

- Les venins des poissons cités étant tous considérés thermolabiles, une exposition du membre blessé à la chaleur est proposée par la plupart des auteurs quelle que soit l’espèce en cause, selon deux méthodes :

- Immersion de la région atteinte dans de l’eau aussi chaude que possible, sans dépasser 40°C (seuls les points d’appui de la plante des pieds peuvent supporter des températures plus élevées, jusqu’à 50°C. En revanche, un contact de trois secondes avec une eau à 60°C suffit à occasionner une brûlure au troisième degré. A noter qu’il existe par ailleurs des facteurs de sensibilité individuelle, et une particulière fragilité de la peau des enfants de moins de deux ans). La température de l’eau sera impérativement testée par la personne qui aura préparé le bain, la victime étant généralement hors d’état d’en faire une évaluation cohérente.

- Exposition de l’orifice de piqûre à l’extrémité incandescente d’une cigarette, maintenue à environ 5 à 10 millimètres de la peau. Cette exposition sera de préférence discontinue, afin de diminuer les risques de brûlure, la cigarette étant éloignée par l’opérateur dès que le patient signale une sensation de cuisson, puis rapprochée dès que celle-ci s’estompe selon un mouvement de va-et-vient déterminé par l’appréciation de la victime.

- Le choix de l’une ou l’autre méthode dépendra des moyens disponibles et du type d’envenimation. L’immersion dans l’eau chaude pourra être préférée en cas de blessure par aiguillon de raie ; la cigarette semble donner de bons résultats sur les piqûres de ptéroïs. Dans le cas du poisson-pierre, les hautes températures nécessaires à l’inactivation du venin semblent limiter l’intérêt de l’immersion dans l’eau chaude, cependant largement utilisée. Les piqûres peu nombreuses et peu profondes nous semblent plus facilement accessibles à la technique de la cigarette. La mise en œuvre de ces manœuvres ne devra pas au demeurant retarder l’hospitalisation. A noter qu’une équipe du Pacifique Sud utilise, contre toute attente, l’application de glace sur les lésions. Il semble s’agir d’une attitude empirique, destinée selon ses promoteurs à minimiser la diffusion du venin dans l’organisme, et créditée d’un effet antalgique. L’effet potentiellement délétère de la vasoconstriction sur les lésions locales n’est pas évalué.

Pose d’un garrot veineux.

Cette manœuvre est actuellement très controversée et semble en passe de tomber en désuétude. Elle est encore proposée par certains auteurs pour les envenimations par raies armées, à condition que la pose soit correctement effectuée (perception parfaite des pouls d’aval) et que le garrot ne soit pas laissé en place plus d’un quart d’heure. Toutefois, les bénéfices attendus nous paraissent insuffisamment évalués, de même que le risque de majorer les effets délétères locaux du venin. En cas d’envenimation par le poisson-pierre, elle est tout à fait déconseillée car susceptible d’aggraver les phénomènes de nécrose locale imputables au venin. Son intérêt s’agissant des autres familles de poissons citées n’est pas établi. A noter qu’en ce qui concerne les envenimations par animaux terrestres, la tendance actuelle n’est plus de conseiller l’usage du garrot.

Autres manœuvres mécaniques

Le débridement de la plaie n’est plus conseillé, car susceptible de favoriser la diffusion du venin. La succion, réputée sans danger pour l’opérateur, n’est pas créditée d’une grande efficacité. Il en va de même de l’utilisation de l’Aspivenin, ce dispositif ayant toutefois pour lui le mérite de l’inocuité.

Traitement de la douleur

La stratégie thérapeutique sera adaptée aux circonstances. Les antalgiques de niveau 1 sont dans de nombreux cas d’un usage décevant. Les morphiniques par voie générale peuvent être inefficaces à juguler les douleurs induites par les piqûres de poissons-pierres, pour lesquelles des injections in situ d’anesthésiques locaux (lidocaïne non adrénalinée), renouvelées à la demande, semblent donner d’assez bons résultats. Concernant les synancées, des anesthésies locorégionales (blocs, péridurales) sont quelquefois nécessaires.

Autres traitements médicamenteux sont également proposés :

- Les antibiotiques, à titre curatif, voire préventif. En fait, ils sont largement utilisés dans cette dernière indication du fait de la fréquence élevée des surinfections en l’absence de prophylaxie. La plupart des auteurs donnent la préférence aux Bêta-lactamines (association amoxicilline - acide clavulanique par exemple) et au Métronidazole.

- Les glucocorticoïdes, censés limiter l’œdème ou hâter la régression de celui-ci ; leur utilisation semble reposer sur des bases empiriques et nous paraît devoir être prudente en cas de sepsis.

- Les antihistaminiques

- Dans le cas d’envenimation par poisson-pierre, des injections in situ de dichlorhydrate de déhydroémétine ont été proposées, mais leur intérêt est actuellement largement remis en cause. Les injections traçantes autour de la lésion de permanganate de potassium sont de nos jours abandonnées en raison de la toxicité tissulaire de ce produit.

- Les héparines de bas poids moléculaire (HBPM) sont volontiers utilisées.

- Une prophylaxie antitétanique est instaurée si nécessaire.

Sérothérapie spécifique des piqûres par poissons-pierres

- Un sérum anti-stonefish est fabriqué par le Commonwealth Serum Laboratories (CSL) de Melbourne, en Australie. Il s’agit d’un sérum hyperimmun de cheval réalisé à partir du venin d’une espèce présente dans ce pays, Synanceia trachinis, et qui est susceptible de neutraliser les effets du venin de toutes les espèces de poissons-pierres. Un auteur a suggéré également son utilisation vis-à-vis du venin de ptérois, mais ce point de vue n’est pas conforme aux recommandations d’utilisation du CSL. L’usage du sérum est en principe destiné, selon le fabriquant, aux envenimations imputables aux synancées entraînant des manifestations systémiques ou des réactions locales intenses non contrôlées par les moyens usuels. Cette réserve est toutefois en contradiction avec l’opinion de certains auteurs pour qui il doit idéalement être injecté dans le quart d’heure suivant la piqûre. Chaque ampoule du produit contient 2000 unités de sérum antivenimeux, 1000 unités neutralisant 10 milligrammes de venin. Sachant que chaque épine dorsale de la synancée délivre entre 5 et 10 milligrammes de venin, la dose initiale recommandée est calculée en fonction du nombre de piqûres constatées :

- 1 à 2 piqûres : 1 ampoule (2000 unités)

- 3 à 4 piqûres : 2 ampoules (4000 unités)

- 5 piqûres ou plus : 3 ampoules (6000 unités)

elle peut être éventuellement renouvelée en cas d’efficacité insuffisante sous réserve d’une identification certaine de l’animal vulnérant. Elle doit être effectuée par voie intra-musculaire. Les injections in situ sont actuellement déconseillées, car susceptibles d’aggraver les effets locaux du venin. La voix intra-veineuse est possible (Sérum dilué au 1/10°) mais exposerait davantage au risque de réactions anaphylactiques. Comme tout dérivé équin, ce sérum peut être à même d’entraîner des réactions allergiques potentiellement sévères, pouvant aller jusqu’au choc anaphylactique, tout particulièrement chez les sujets atopiques ou ayant précédemment reçu des produits de ce type. Certains auteurs australiens ont été jusqu’à préconiser une prémédication à base d’adrénaline sous-cutanée et d’antihistaminiques par voie intra-veineuse. Sans les suivre, il paraît cependant raisonnable de n’envisager l’administration du sérum anti-stonefish que dans un cadre permettant de faire face à la prise en charge d’un éventuel choc anaphylactique, bien que ce risque soit théorique. Une maladie sérique peut également survenir dans un délai de quelques jours, voire de 12 heures si le sujet a précédemment reçu des produits d’origine équine. Sa prévention pour les sujets à risque sous forme d’une corticothérapie brève a été proposée. En fait, il semble que seul ce type de réaction ait été observé jusqu’ici avec le sérum anti-stonefish. Notons que ce produit doit impérativement être conservé entre 2 et 8°C et ne doit jamais être congelé. Son prix est par ailleurs assez prohibitif : 200 $ australiens l’ampoule, soit environ 3000 Rs ou 750 FF, taxe de manutention en sus de 300 $ pour toute commande inférieure à 25 ampoules (5000 $).

Traitement chirurgical

- Il ne nous est pas apparu parfaitement codifié. Deux indications peuvent être retenues :

- Le parage précoce des plaies par aiguillons de raies armées ;

- L’excision des zones nécrosées en cas de piqûres par poissons-pierres, à un stade plus ou moins précoce selon les habitudes de l’équipe, suivie d’une éventuelle chirurgie reconstructrice selon l’étendue de la perte de substance.

CONCLUSION

La sévérité de quelques tableaux cliniques ne doit pas faire oublier la relative bénignité de la plupart des accidents de ce type, dont bon nombre échappent à tout recensement. De même que la possibilité de prise en charge adaptée ne doit pas amener à perdre de vue la nécessité du respect de consignes de prévention relativement faciles à mettre en œuvre dans le cadre de la médecine de plongée.