Victor Schoelcher, né à Paris le 22 juillet 1804 et mort à Houilles le 25 décembre 1893, est un homme politique français et est surtout connu pour avoir définitivement aboli l'esclavage en France le 27 avril 1848.

Né le samedi 22 juillet 1804 dans une famille bourgeoise originaire de Fessenheim en Alsace, il fait ses études au lycée Condorcet. Le jugeant désœuvré, son père, porcelainier de renom, l'envoie au Mexique pour affaires en 1830. Visitant Cuba, il y est révolté par l'esclavage. De retour en France, il publie des articles, des ouvrages, multiplie ses déplacements d'information et adhère à la Société pour l'abolition de l'esclavage. Il n'aura de cesse que de lutter pour la libération des esclaves.

Le discours abolitionniste de Schoelcher évolue au cours de sa vie. En effet, au début de son engagement, il s'oppose à l'abolition immédiate de l'esclavage. En 1830, dans un article de la Revue de Paris, « Des Noirs », il demande ouvertement de laisser du temps aux choses. Cette vision de l'abolition qu'il a, se retrouve en 1833, dans son premier grand ouvrage sur les colonies : De l'esclavage des Noirs et de la législation coloniale. Pour lui, il serait dangereux de rendre instantanément la liberté aux noirs, parce que les esclaves ne sont pas préparés à la recevoir. Il souhaite même le maintien de la peine du fouet, sans laquelle les maîtres ne pourraient plus travailler dans les plantations. Il faut attendre un nouveau voyage dans les colonies pour qu'il se tourne vers une abolition immédiate.

Nommé, par le ministre François Arago, sous-secrétaire d'État à la Marine et aux colonies dans le gouvernement provisoire de 1848, il contribue à faire adopter le décret sur l'abolition de l'esclavage dans les Colonies. Le décret signé par tous les membres du gouvernement paraît au Moniteur, le 5 mars. Député de la Martinique et de la Guadeloupe entre 1848 et 1850 il siège à gauche.

En tant que président de la commission d'abolition de l'esclavage, il est l'initiateur du décret du 27 avril 1848 abolissant définitivement l'esclavage en France. L'esclavage avait déjà été aboli en France à l'initiative de l'Abbé Henri Grégoire, pendant la Révolution française (4 février 1794, 16 pluviôse an II), puis rétabli par Bonaparte en 1802.

Lors du coup d'État du 2 décembre 1851, il fut un des rares députés présents aux côtés de Jean-Baptiste Baudin sur la barricade où celui-ci sera tué. Républicain, défenseur des droits de la femme, adversaire de la peine de mort, il est proscrit durant le Second Empire par le coup d'État de Louis Napoléon Bonaparte. Il s'exile en Angleterre où il rencontre fréquemment son ami Victor Hugo. En 1870 il revient en France suite à la défaite de Sedan. Après l'abdication de Napoléon III, il est réélu député de la Martinique à l'Assemblée nationale (1871). Le 16 décembre 1875, il est élu sénateur inamovible.

En 1877, Victor Schoelcher dépose une proposition de loi pour interdire la bastonnade dans les bagnes. La commission d'initiative refuse la proposition, mais les peines corporelles seront abolies en 1880. En 1884 et 1885 il tente de s'opposer, sans succès, à l'institution de la relégation des forçats récidivistes en Guyane.

À la fin de sa vie, comme il ne s'était jamais marié et qu'il n'avait pas eu d'enfant, il décida de donner tout ce qu'il possédait.

Victor Shoelcher est mort le 25 décembre 1893 à l'âge de 89 ans, dans sa maison au 24 rue d'Argenteuil, devenue depuis l'avenue Schoelcher, à Houilles (Yvelines).

Enterré à Paris au cimetière du Père-Lachaise, ses cendres furent transférées au Panthéon le 20 mai 1949 en même temps que celles du Guyanais Félix Éboué (premier noir à y être inhumé).

 

Victor Schoelcher

LA RÉVOLUTION EN GUADELOUPE

Ainsi mise en valeur, l'île devint l'objet de la convoitise des Anglais qui l'envahirent à plusieurs reprises pendant la guerre de Sept ans (1756-1763). Ce système, basé sur l'exploitation d'une main-d'oeuvre servile à bon marché, fut fortement ébranlé par la révolution française. Les idées nouvelles ayant gagné les petits Blancs (artisans et employés) les esclaves noirs rejoignirent le mouvement révolutionnaire. Les grands propriétaires ne purent garder le contrôle de feurs terres que grâce à l'aide desAnglais qui envahirent une nouvelle fois la Guadeloupe le 20 avri11794. Mais le 2 juin, 1 500 hommes commandés par le commissaire de la Convention Victor Hugues,débarquèrent à Gosier, s'emparant du fort Fleur-d'Epée. Entrant le 7 juin à Pointe-à-Pitre, il proclama l'abolition de l'esclavage et enrôla les noirs dans l'armée de la République. Les habitations furent placées sous séquestre et exploitées pour le compte de l'État. Les grands Blancs s'enfuirent ou furent guillotinés. Mais voulant à tout prix faire redémarrer la production sucrière, Victor Hugues tente de réquisitionner les noirs pour les faire travailler de nouveau sur les plantations. Il provoque alors de nombreux soulèvements. Le Directoire le rappellera en 1798. L'année 1802 voit le rétablissement de l'esclavage i les habitations séquestrées sont rendues à leurs anciens propriétaires. Mais rien ne sera plus comme avant. La Guadeloupe connaît de nouveaux troubles et subit même une nouvelle occupation anglaise.

L’ABOLITION DE L 'ESCLAVAGE EN GUADELOUPE

En 1848, l'abolition de l'esclavage est enfin définitive grâce en particulier au long combat du député Victor Schoelcher. Mais le besoin de main-d'œuvre dans les champs de canne n'en était pas supprimé pour autant et les anciens esclaves n'entendaient guère subir les mêmes conditions de travail en tant que salariés. Il fallut donc importer à nouveau des travailleurs ceux-ci seront en majorité des Indiens. Entre 1854 et 1885, 45000 d'entre eux arrivèrent en Guadeloupe, s'engageant pour une durée de cinq ans. Beaucoup restèrent sur place à la fin de leur contrat, fondèrent une famille et devinrent bientôt des Guadeloupéens à part entière tout en conservant