L’HERBORISTE

L'herboriste est une personne capable de cultiver, récolter, sécher et conserver des plantes médicinales en vue d'en extraire les propriétés curatives et surtout préventives.
Il doit pouvoir conseiller celles-ci à ses consommateurs.
Il complète ses propres produits par des préparations réalisées en laboratoires extérieurs.

Savoir-faire :

Il doit connaître parfaitement les produits qu'il vend, les plantes et leurs effets, car certaines ne sont pas sans danger, de manière à bien conseiller ses clients
Il doit réactualiser ses connaissances en botanique et en biochimie végétale, connaître les formules et les dosages.
Des stages et des recherches à l'étranger constituent également un bagage important.

Savoir-être :

Capacité de gestion et sens du contact avec la clientèle
Une écoute attentive de ses clients est indispensable à l'herboriste afin de pouvoir leur proposer le produit le mieux adapté à leur cas.

Cadre professionnel :

Secteur en forte évolution surtout au niveau européen.
L'ouverture vers d'autres pays comme le Canada apporte une richesse importante au niveau de la connaissance des produits car la recherche y est plus poussée.
Chacun se bat pour avoir des possibilités de vente et d'installation plus larges.
La mise en commun de toutes ces connaissances devrait constituer un pas en avant pour les herboristes.
L'intérêt pour cette approche naturelle des soins de santé est également importante au niveau du Ministère de la Santé.

Aspect juridique et statut de l'herboriste

L'herboristerie désigne la préparation et la commercialisation de plantes médicinales ou de préparations dérivées. Ce terme désigne également la boutique dans laquelle sont vendues les plantes médicinales, tenue par un herboriste.

En France, un diplôme d'herboriste a été délivré jusqu'au 11 septembre 1941. Ce métier a de fait pratiquement disparu. Il existe encore des herboristeries qui continuent de vendre des plantes médicinales au nom des derniers titulaires du diplôme d'herboriste. Légalement, seuls les pharmaciens ont le droit de vendre les plantes présentées selon leurs propriétés médicinales. Une tolérance existe cependant pour les personnes travaillant avec les herboristes diplômés, même si en réalité les herboristes n'exercent plus depuis longtemps...
Au Québec par contre, l'herboristerie est en plein essor. La Guide des herboristes, qui est le regroupement des professionnels et amateurs de plantes médicinales, a été fondée en 1995 et compte actuellement plus de 300 membres. Elle travaille pour faire reconnaître le droit à l'utilisation des plantes médicinales. C'est que l'herboristerie est une des plus vieilles médecines et surtout, elle représente aujourd'hui une médecine accessible à tous. Le gouvernement canadien est actuellement en processus de réglementation des domaines relatifs à la santé au naturel. La Guilde des Herboristes travaille donc de paire avec La Direction des produits de santé naturels du Canada (DPSN) afin que l'herboristerie conserve (ou regagne...) sa place et qu'une situation comme ce qui s'est passé en France avec l'herboristerie ne se reproduise pas ici...

Si l’on veut produire en circuit long, c’est-à-dire vendre ses plantes médicinales à des laboratoires pharmaceutiques, aucun problème : tout est en principe permis.

Si l’on veut cultiver sans vendre, beaucoup de choses sont aussi permises.

Mais ce n’est pas aussi simple si l’on veut produire et commercialiser par soi-même des plantes médicinales...

Cet article a été publié dans un ancien numéro de la revue Passerelle Eco

Vente Directe

Le droit se corse sérieusement pour la vente directe. Dans ce cas de figure, seules 34 plantes considérées comme « médicinales et d’usage courant » peuvent être commercialisées librement (pour la tisane, autrement dit) : la bardane, le bouillon-blanc, les bourgeons de pin, la bourrache, la bruyère, la camomille, le chiendent, le cynorrhodon (ou " gratte-cul ", qui détient le record de la richesse en vitamine C), les feuilles de ronce, le frêne, la gentiane, la guimauve, l’hibiscus, le houblon (davantage apprécié sous une autre forme...), la lavande, le lierre terrestre, la matricaire, la mauve, la mélisse, la menthe, la ményanthe, l’olivier, l’oranger, l’ortie blanche, la pariétaire, la pensée sauvage, les pétales de rose, les queues de cerise, la reine-des-prés, le sureau, le tilleul, la verveine et la violette. En ce qui concerne l’usage médicinal, toutes les autres plantes ne peuvent être commercialisées que par les pharmaciens ou les herboristes diplômés... avant 1941 !

Toutefois, à cette liste s’ajoutent des plantes condimentaires, aromatiques, ou pouvant être utilisées en usage externe. Si l’on inclut la première liste de 34 plantes, cela fait 110 - 120 plantes en vente relativement libre.

Ensuite, le droit fixe aussi ce que l’on a le droit d’écrire ou non sur les étiquette (pas de conseils d’usage, pas de posologie si l’on n’est pas pharmacien ou herboriste !), et le droit de faire des mélanges (eh bé on n’a pas le droit si l’on n’est pas etc etc !)

Dans un autre article, nous reviendrons avec Serge sur ces aspects juridiques, avec détail et précision : le sujet est croquignol !

Etonnant statut d’herboriste !

Le diplôme d’herboriste a été supprimé en France en 1941 par Pétain. Par la suite, la plupart des lois qu’il avait édictées ont été abrogées, celle-ci fait figure d’exception : donc les herboristes respectables qui exercent encore en France le droit de vendre des plantes médicinales ont été diplômés avant cette date (à part la fameuse liste de 34 plantes en vente « libre » parce que d’usage très courant, en principe). Pour les plus jeunes, il faut être alors pharmacien pour avoir ce droit.

Pourtant, ces statuts de pharmaciens et d’herboristes cohabitent très bien dans d’autres pays d’Europe, et la France fait un peu figure d’exception. On compare souvent cette situation à celle qui était faite aux ostéopathes jusqu’à récemment.

Toutefois, l’Association pour le Renouveau de l’Herboristerie oeuvre depuis 1982 auprès des pouvoirs publics pour la reconnaissance de la profession d’herboriste en France, et la création d’un diplôme européen de phytologue-herboriste. Elle dispense en attendant une formation très sérieuse en deux ans, par correspondance, ainsi que des stages courts, à ceux qui veulent apprendre le maniement des plantes médicinales. Serge Guza en a d’ailleurs été président 


Caraïbe Infos séjour pour le Renouveau de l'Herboristerie lutte pour :

    - l'établissement d'un diplôme de phytologue-herboriste européen,
    - le contrôle et le développement du marché des plantes médicinales.

Le diplôme d'herboriste ayant été supprimé arbitrairement, en France, en 1941, il ne reste plus que quelques herboristes diplômés, seules personnes autorisées à exercer en officine d'herboristerie. Néanmoins, toute personne compétente en plantes médicinales et aromatiques, peut gérer une herboristerie, sous la caution d'un herboriste diplômé (actes notariés).

4500 herboristes en 1941
une dizaine aujourd'hui !

Le temps presse.

La demande de soins par les plantes a plus que doublé ces dix dernières années, en France. Plus de 85% des plantes actuellement consommées dans notre pays sont importées. Pourtant, la productions des plantes médicinales sur le sol français,

métropole et territoires d'Outre Mer, est non seulement possible, mais d'excellente qualité.

Les soins par les plantes sont d'un coût de revient bien inférieur à celui des médicaments de synthèse.

La France est le seul pays d'Europe qui néglige le marché des plantes médicinales, conséquence défavorable pour la balance économique. L'état français favorise la vente de plantes dont la qualité et les propriétés échappent à tout contrôle.

Non seulement, il existe une forte demande de plantes médicinales en France, mais de nombreuses personnes souhaitent exercer un métier relatif à ces plantes : cultures, productions, contrôles sanitaires, recherches, laboratoires (phytopharmacie, cosmétologie, diététique, industries de parfum...) ethnobotanique, technico-commercial... Aussi, créer une infrastructure autour de l'herboristerie serait une source de création d'emplois.

Caraïbe Infos séjour pour le Renouveau d'e l'Herboristerie oeuvre, depuis 1998, auprès des Pouvoirs Publics pour la reconnaissance de la profession d'herboriste en France, et la création d'un diplôme européen de phytologue-herboriste.

En attendant, elle organise, pour tout public, des stages de botanique et plantes médicinales sous forme de séjour aux Antilles en sorties sur le terrain, ainsi que des travaux pratiques toute l’année.

Les plantes Médicinales, Patrimoine de l'humanité en danger

En France, dans l’immense majorité des cas, les plantes médicinales sont vendues à des herboristes et industries, par des grossistes. Les producteurs n’ont pas de relations avec les utilisateurs.

SIMPLES (Syndicat Inter Massifs pour la Production et l’Economie des Simples) regroupe 70 producteurs qui vendent leur production, en direct ou par le biais de structures telles que la SICA Biotope, aux consommateurs ou en gros à une herboristerie située en Suisse. SIMPLES s’est créé il y a 20 ans, avec l’objectif d’appuyer des activités dans les zones de montagnes défavorisées. Il a notamment créé un cahier des charges de production des plantes aromatiques et médicinales en agrobiologie. Aujourd’hui, malgré un intérêt croissant tant des jeunes pour s’installer en production de plantes aromatiques et médicinales, que des consommateurs qui souhaitent renouer avec une médecine plus douce, les difficultés sont nombreuses, de par l’énorme perte de savoir-faire mais surtout les verrous réglementaires touchant la commercialisation de ces plantes.

Une diversité énorme de savoirs et de plantes, en voie de disparition…

En France, le métier de l’herboristerie a été supprimé depuis 1941. Dans le même temps les ordres des médecins et de la pharmacie sont créés. Pourtant les métiers de l’herboristerie et de producteurs de plantes médicinales et aromatiques reposent sur des savoirs colossaux et une diversité immense de plantes et d’usages. Les qualités d’une plante dépende du milieu où elle se trouve et du stade précis où elle est cueillie. De plus, pour une même plante, les parties de celles-ci peuvent avoir des vertus différentes. Ainsi la bourrache est à la fois un légume couramment consommé en Espagne et une plante médicinale aux vertus reconnues, qui sont différentes selon son stade de croissance et la partie de la plante utilisée : adoucissante, sudorifique, fébrifuge, diurétique,…. Tous les actes du producteur – cueilleur demandent donc une bonne connaissance du fonctionnement de la plante dans son milieu, et de l’être humain ou de l’animal qui va s’en servir. Or, il n’existe plus de formation reconnue en France. Les seuls vrais diplômés en herboristerie sont 80 en France et ont plus de 80 ans... La botanique quant à elle, n’est plus enseignée. En Allemagne et en Italie, il existe des formations mais pas de diplôme. Pourtant sur la planète, 80% de la population se soigne encore avec des plantes médicinales, tout comme plus de 90% de paysans utilisent des semences paysannes… Le résultat : les quelques producteurs de plantes médicinales en circuits courts sont maintenant les relais de ces savoirs, traditions et savoirs-faire liés à l’utilisation des plantes, malheureusement en voie de disparition rapide.

…remise en cause par une réglementation complexe et contradictoire

En France, les plantes médicinales et aromatiques relèvent avant tout de la législation des plantes de la pharmacopée : la commercialisation de ces plantes ou partie de plantes (racines, fleurs, etc.) est sous monopole de la pharmacopée et soumise à une procédure d’autorisation de mise sur le marché, comparable à celle existante pour les médicaments ou les produits phytosanitaires. En France seules 34 plantes sont dites « libérées » (décret n° 79-480 du 15

juin 1979) ce qui signifie que bien que dépendant de la pharmacopée, elles peuvent être commercialisées librement en tant qu’aliment ou condiment (camomille, menthe, tilleul, verveine,…). D’autres pays européens, comme l’Espagne, l’Allemagne, la Belgique, la Grande Bretagne, l’Italie ont respectivement libéré 96, 341, 366, 400 et 1034 plantes médicinales, ce qui pose un problème au niveau du marché commun et continu qu’est l’Union européenne. La législation pharmaceutique européenne est en cours d’élaboration… Par ailleurs en France, la législation souffre d’une complexité qui la rend souvent inapplicable. Ainsi l’Asperge, l’Avoine, le Blé, le Café, le Maïs, le Riz, le Seigle, la Pomme de Terre, ou le Radis noir sont inscrites à la pharmacopée, ce qui interdirait en principe leur vente libre ! Inversement, de nombreuses plantes (même éventuellement toxiques) ne sont pas inscrites à la pharmacopée et donc se trouvent en vente libre… Bref toute la difficulté réside dans la manière dont on détermine la frontière entre un aliment, un condiment et un médicament alors que la nature a bien donné aux plantes toutes ses vertus, variables dans le temps et suivant la partie de plante concernée. Dans une récente et légitime tentative de mettre de l’ordre dans cette confusion ambiante, l’AFSSAPS (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé) a entrepris de réviser la liste des plantes inscrites à la pharmacopée en 2003. Il y aurait un plus grand nombre de plantes ou parties de plantes libérées, mais cela concerne peu de plantes indigènes connues pour leurs usages traditionnels (ex : la fleurs d’aubépine serait réservé à la pharmacie alors que le fruit serait libéré ! Il y aurait en plus une liste de plantes qui deviendraient purement et simplement interdites (même à la pharmacie !) comme la consoude et la bourrache. Cette dernière contient des traces de Pyrrolzine (hépatotoxique), mais cette toxicité n’apparaîtrait que par l’absorption de cette plante en gélule ou en poudre. L’usage traditionnel, par l’eau (infusion) n’extrait pas apparemment cette molécule. Cette plante est également utilisée comme aliment sans qu’il n’y ait jamais d’intoxication reconnue.

Enfin pour parfaire le tableau, il faut ajouter deux autres réglementations européennes en cours d’élaboration qui pourraient renforcer ou au contraire remettre en cause ces monopoles de commercialisation :

- La directive européenne « allégation » sensée définir comment décrire les effets d’un médicaments et produit de bien-être. En discussion depuis 2 ans, son élaboration est ardue du fait de grandes différences culturelles à ce sujet entre divers pays européens.

- La directive européenne (2002/46/CE du parlement européen et du conseil du 10 juin 2002) définissant ce qu’est un « complément alimentaire » : celle-ci est adoptée mais en retard de transposition en France. De plus cette directive ne concerne pour le moment que les vitamines et minéraux, les plantes dépendant toujours des réglementations et législations de chaque état.

Des enjeux économiques, sociaux, environnementaux et culturels énormes…

Il est bien évident que selon qu’une plante sera un « médicament », un « condiment » ou un « complément alimentaire », les enjeux économiques sont colossaux, puisque dans un cas, l’industrie pharmaceutique a le monopole total de la commercialisation.

Par ailleurs, une réglementation trop mécanique qui ignore la nature évolutive et diverse du vivant risque d’achever la perte de savoirs-faire déjà malheureusement bien amorcée comme on l’a vu. Et c’est justement la perte de savoirs de la phytothérapie traditionnelle qui peut occasionner des problèmes dans l’utilisation des plantes médicinales (ex : présentations des plantes en gélule). N’oublions pas non plus que les producteurs cueilleurs jouent un rôle non

négligeable d’entretien de la biodiversité. Ils apprennent de plus à reconnaître le caractère bio-indicateur des plantes. Une réglementation trop restrictive menace ces producteurs et avec eux un mode de production utile environnementalement, culturellement et même socialement puisqu’il permet de vivre à de petits producteurs

… qui justifient une transparence et représentativité équilibrée dans l’élaboration de la réglementation.

L’enjeu est la reconnaissance des savoir-faire traditionnels dans la législation. Rappelons que la France est signataire de la Convention sur la biodiversité qui reconnaît la nécessité de préserver et valoriser les savoirs faire locaux. L’OMS a aussi reconnu depuis des années le travail des tradipraticiens. La France aurait du se doter d’une loi cadre les reconnaissant, ce qu’elle n’a toujours pas fait. L’absence de reconnaissance scientifique, de formation officielle, de réhabilitation du métier de l’herboristerie profite donc aujourd’hui à un seul secteur économique, l’industrie pharmaceutique, qui a par ailleurs des moyens sans commune mesure avec les producteurs cueilleurs et phytothérapeutes pour influer sur la réglementation, avec de nombreux experts. Dans ce contexte, il est légitime et indispensable que l’évolution de la réglementation se fasse en concertation avec les producteurs et utilisateurs concernés.

La législation actuelle française est donc obsolète dans le domaine des plantes médicinales, et la proposition de révision des listes des plantes médicinales inscrites à la pharmacopée ne semble pas améliorer cette situation. Le libre accès aux ressources traditionnelles que sont les plantes ainsi que leurs usages traditionnels est donc menacé. Les producteurs de SIMPLES ayant appris ce projet ont réagi, et un groupe de réflexion réunissant des professionnels (producteurs, transformateurs,…), des chercheurs et professeurs (ethnobotanistes, pharmacologues,…), des associations, des représentants d’organisations mondiales (UNESCO), des consommateurs,… s’est créé. Une première rencontre a eu lieu à Montpellier en mai 2003. Suite à cette rencontre un travail d’argumentation a été fait et SIMPLES à envoyer un courrier à l’AFSSAPS. Cette réaction a révélée de nombreuses lacunes dans la proposition et le texte n’a pu être voté en juin comme il était prévu. Mais l’AFSSAPS travaille toujours sur ce projet et une nouvelle proposition de révision des listes devrait bientôt être votée. Il semble qu’il y ait peu de changement dans cette nouvelle mouture... SIMPLES a également fait circuler une pétition demandant une plus large consultation au sujet des plantes médicinales et la réhabilitation du diplôme d’herboriste. Cette demande n’a pas été retenue jusqu’à présent. Une seconde rencontre du groupe de réflexion a eu lieu en mars 2004. Le débat est loin d’être clos et il y a un manque flagrant d’information du grand public autant sur les plantes que sur les médecines non-conventionnelles telle que l’herboristerie traditionnelle. Les producteurs de SIMPLES informent le public sur leurs lieux de ventes et organisent des foire-débats autour des plantes médicinales, mais cela n’est pas suffisant et la nécessité de trouver des partenaires et des soutiens est aujourd’hui cruciale.